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samedi 2 juin 2012

L'héritage, Katherine Webb


Ed. Belfond -  579p.
ISBN 2714448194
Mon résumé : L'héritage est avant tout l'histoire d'un secret de famille qui sera dénoué progressivement, page après page. Le livre est fait de chapitres qui alternent  l'histoire de Caroline, une jeune américaine qui va tomber amoureuse d'un fermier de l'Ouest Américain, et celle de Erica et Beth Calcott, les arrières petites filles de Caroline, qui vont tenter de comprendre l'histoire du manoir dont elles viennent d'hériter de leur grand-mère.
De nombreux secrets vont être déterrés et permettre aux jeunes femmes de voir clair dans des évènements qui leur paraissaient si obscurs étant petites.

Mon avis : Mes sentiments durant la lecture de ce livre étaient fort partagés ! Dans un premier temps, j'ai été davantage charmée par les chapitres concernant Caroline. Puis, je me suis vite lassée de ses "jérémiades", de son manque d'assurance, voire même de son manque de force de caractère. 
Les chapitres concernant Erica et Beth Calcott m'ont paru, quant à eux, un peu ennuyeux au début du livre. La situation n'évoluait pas, une sorte d'immobilisme (probablement voulue par l'auteur) mais assez désagréable et donc inintéressante. Et puis, les choses se sont débloquées quand le lien entre les deux parties a commencé à devenir plus clair. 
Je me suis alors laissée embarquer par la persistance et la détermination d'Erica à vouloir découvrir à tout prix les secrets de sa famille, et les parties sombres de son enfance. Le rythme est devenu plus soutenu. L'alternance entre l'ambiance début du siècle de Caroline et l'atmosphère très contemporaine véhiculée par les soeurs Calcott m'a été très agréable et rafraîchissante. 


En résumé, un livre que je conseille, bien que j'en attendais davantage de profondeur. 


Ma note : 4/5

dimanche 18 mars 2012

Haute fidélité, Nick Hornby


Ed. 10/18 - 256p.
ISBN : 2264027134
Mon résumé : Rob, la trentaine, disquaire à Londres, est le type même de l'adolescent qui n'est pas parvenu à intégrer l'âge adulte. Cela est manifeste tant dans sa vie professionnelle (il végète dans son magasin de disques où les clients se font rares), que dans ses relations de couple qu'il ne veut pas voir évoluer. On suit alors son quotidien, ses rapports avec ses collègues, sa relation avec Laura, sa petite amie, qui, elle est bien passée dans l'âge adulte et avec ses parents. 

Mon avis : L'écriture est assez surprenante à prime abord, et même assez drôle. On a l'impression de rentrer dans la tête du personnage et de suivre ses états d'âme depuis son adolescence jusqu'à son quotidien de disquaire. Assez rapidement, j'ai crû avoir affaire avec une sorte de chick-lit masculin (dit-on cock-lit ?), ce qui ne me gênait pas puisque j'aime assez une bonne chick-lit de temps en temps... sauf que... très vite je me suis ennuyée. Rob est sans cesse dans la plainte, voire dans la complainte. En effet, il est resté ado et ne sait absolument pas se prendre en charge, ce qui devient très vite lassant, et inintéressant. Il ne cherche pas à faire évoluer sa vie alors qu'il en rêve en entretient des relations immatures avec tous ses contacts. Au final, je n'ai pas trouvé un grand intérêt à ce roman qui pourtant offrait des débuts prometteurs.

Ma note : 2,25/5 

jeudi 1 mars 2012

La rose pourpre et le lys, Michel Faber


Ed. Points - 535 + 645 p.
ISBN : 2757801570
En préambule, je précise que, bien que ce roman soit édité en 2 tomes (par les éditions Points), je rédigerai une seule et même critique puisque l'histoire ne connaît aucune interruption ni dans l'intrigue, ni dans le style entre ces deux tomes.

Mon résumé : Michel Faber nous invite à suivre le destin de Sugar, une jeune prostituée dans le Londres des années 1870 environ, qui va voir son avenir bouleversé suite à sa rencontre avec William Rackham riche héritier qui va vite succomber à ses charmes si particuliers. Sugar n'est pas la prostituée type, sa beauté est toute relative mais va pourtant happer William Rackham, tandis que sa culture est bien au-delà de la moyenne de ses « collègues », ce qui en fait un atout indéniable.
William Rackham, quant à lui, est mariée à une jeune femme que l'on pourrait qualifier de neurasthénique, et ne trouve aucun plaisir à être à ses côtés bien que l'amour et la tendresse soient toujours présents. C'est ainsi qu'il va vouloir s'attacher les « services » de Sugar dont il va tomber amoureux. Après quelques rencontres dans un lieu de perdition qu'est la maison close où vit Sugar, William va en demander l'exclusivité à sa mère maquerelle et va l'installer dans un appartement proche de son domicile afin de pouvoir l'avoir à sa disposition.
La belle idylle va-t-elle pouvoir perdurer malgré les mœurs si ancrées dans la bonne société bourgeoise Londonienne ? Quels sont les compromis et les sacrifices que chacun va devoir faire ?

Mon avis : 
-> L'histoire : La rose pourpre et le lys est avant tout une histoire d'amour, certes inhabituelle, inattendue, mais réciproque et belle. Les féministes crieraient au scandale : Sugar va devenir en quelque sorte l'esclave de William Rackham pour que celui-ci puisse l'avoir à sa disposition quand bon lui semble. Elle va y perdre sa liberté de mouvement, restera enfermée des heures dans son « palais doré » à attendre son prince charmant, un Cendrillon des temps modernes ? Oui, mais quelle femme n'a jamais rêvé de pouvoir être entretenue si largement (vêtements, appartement luxueux, produits de soin à volonté) tout cela pour quelques heures de luxure dans la semaine, ponctuées de discussions relativement intellectualisées et de lectures enrichissantes ?
Sugar ne semble pas s'en plaindre, elle reproche seulement à son amant de ne pas la visiter plus souvent, ce qui va l'amener à prendre une décision qui va bouleverser complètement leur relation.
En entrant plus intimement dans la vie de William, elle va découvrir toute la face cachée de son monde, ses accès d'humeur, ses relations très complexes avec sa femme, avec son personnel etc...

-> Le style : L'intrigue est bien menée, la trame est logique et malgré le nombre de pages [1180p. dans l'édition Points], l'auteur sait précisément où il veut amener ses héros et son lecteur. Malgré quelques passages crus, la vulgarité n'est jamais de mise.
L'auteur utilise le style si caractéristique de la littérature victorienne puisque l'intrigue se déroule à cette époque-là, ce qui permet de bien s'imprégner de l'ambiance de l'époque. On a un peu la sensation d'être dans le Londres de Dickens, ou de Jack l'éventreur, frémissante d'angoisse, et empreinte de mœurs légères par moments, et de grande bourgeoisie à la Brönté à d'autres moments.
A ce style d'écriture victorien, l'auteur lui attache un côté fort contemporain, avec des interpellations du lecteur, des notes très personnelles qui donnent l'impression de basculer dans le XXIe siècle d'un bond, sensation bizarre mais non désagréable. Cet aspect donne d'ailleurs un tour très original au roman qui m'a permis de vraiment rentrer dans l'histoire très rapidement.

Cela étant, malgré l'intérêt que j'ai pu trouver à ce roman, je lui ai trouvé un certain nombre de longueurs qui m'ont lassée. Les rebondissements tardent à venir et il m'a semblé que de nombreuses coupes auraient été nécessaires afin d'améliorer le rythme du roman et afin de ne pas lasser le lecteur.
De plus, la fin du roman semble avoir été tronquée. L'auteur lance un nouveau rebondissement sans le poursuivre, à nous, lecteurs, de nous imaginer ce qu'ont pu devenir les protagonistes de l'affaire... A moins que l'auteur se soit laissé une porte ouverte pour une éventuelle suite, je ne vois vraiment pas l'intérêt d'une telle fin ! Je me suis sentie un peu lésée, surtout après avoir subi tant de longueurs qui, au bout du compte, n'amène pas à un véritable final... Une vraie déception ! L'auteur s'en justifie d'ailleurs en épilogue en prétextant qu'il faut bien s'arrêter à un moment donné pour laisser vivre ses personnages... soit !*

Points positifs :
  • Le style, très original et habile mixe entre la littérature victorienne et contemporaine.
  • La belle histoire d'amour entre ces deux protagonistes que tout oppose et qui vont tenter de braver le monde à leur manière.
Points négatifs :
  • de très nombreuses longueurs dans le roman, qui donnent l'impression d'attendre en même temps que Sugar mais qui desservent le roman.
  • La fin... inexistante !   

Ma note : 4,25/5 

Après renseignements, il se trouve que Michel Faber a quand même daigné nous éclairer sur la suite qu'il imaginait dans « Les contes de la rose pourpre », opus de 187 petites pages... écrit pour satisfaire ses fans ?

5 et 6/52

mardi 15 février 2011

La pluie avant qu'elle tombe, Jonathan Coe


4e de couverture : Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant.


Mon avis : Tout est réuni dans ce roman pour un excellent moment : le style travaillé mais empreint de simplicité et de poésie, l'émotion, la pudeur malgré l'intimité de l'histoire et de ses personnages. A aucun moment, je n'ai ressenti l'impression de faire preuve de voyeurisme mais bien le témoignage de la dernière heure d'une femme qui ne veut pas son Histoire tombe dans l'oubli.
La chronologie est très bien amenée grâce à la description de ces photos qui représentent chacune des morceaux choisis et qui amènent des anecdotes, des rencontres qui toutes revêtent un intérêt particulier dans la vie de Rosamond et d'Imogen.
En bref, une jolie histoire, une narration magnifique et une poésie tout en douceur... A lire !!
(petit bémol : je me suis trouvée dans l'obligation de réaliser un arbre généalogique afin de pouvoir comprendre le lien entre tous les personnages cités, ce qui ne facilite pas l'entrée dans l'histoire.)

vendredi 28 janvier 2011

Arlington Park, Rachel Cusk


4e de couverture : Les femmes d’Arlington Park – une banlieue résidentielle en Angleterre – ont tout pour être heureuses. En apparence.
Car il n’en est rien. Derrière ces vies tirées au cordeau, frustrations, jalousies, déceptions règnent sans partage.
Juliet Randall, Maisie Carrington, Amanda Clapp, Solly Keir-Leigh : chacune a le sentiment d’être passée à côté de sa vie. Chacune tente de se révolter, de résister à la banalité, au passage du temps qui émousse le désir, fane la beauté et affaiblit les êtres.
Fille spirituelle de Virginia Woolf et de Nathalie Sarraute, Rachel Cusk raconte vingt-quatre heures de la vie de ces femmes. On entre dans leur cuisine, on les suit au supermarché, dans une cabine d’essayage. On pénètre aussi dans leur conscience et leurs pensées.
Arlington Park dynamite les clichés sur la famille, le couple, la maternité, avec une lucidité dévastatrice. C’est un champ de bataille que Rachel Cusk nous montre, un monde « barbare jusqu’à la moelle ».


Mon avis : Ce roman qui pourrait s'apparenter à de la chick-lit est une lente et longue complainte de la femme au foyer anglaise.
Chacune se morfond à sa façon sur l'état de sa vie, son ennui, sa beauté fuyante, le manque d'intérêt de ses journées monotones.
... Et alors ? non je ne vais pas faire dans la démagogie mais comment les plaindre ces femmes qui ont des enfants en pleine santé, de jolies maisons dans des banlieues calmes de Londres, aucune obligation professionnelle... Etait-il vraiment nécessaire d'en faire un livre, ou plutôt ce livre ?
Je n'y ai trouvé aucun 2d degré, pas d'humour, très peu d'ironie, bref : très peu d'intérêt ! 
Le style lui-même manque d'aboutissement, c'est brouillon, pleurnichard et pas recherché.
Si vous aimez la chick-lit, passez votre chemin. 
Si vous cherchez un bon roman britannique, ce ne sont pas les auteurs qui manquent...

Ma note : 2/5

lundi 24 janvier 2011

Le club Jane Austen, Karen-Joy Fowler


4e de couverture : En ce début de XXe siècle, un club singulier voit le jour en Californie. Comme d'autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l'œuvre de Jane Austen. S'ensuit une sublime chronique sur l'air du temps où la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l'éternelle tragi-comédie des sentiments, et son tourbillon de rencontres, d'épreuves, de séductions et de jeux entre l'impossible et le possible que seul peut dénouer l'amour. Car, comme vont le découvrir les membres du club, il n'est peut-être de plus belle fiction que la plus ordinaire des vies.
Avec Le club Jane Austen, aux conversations tour à tour enjouées, intelligentes et anodines, Karen Joy Fowler nous offre un roman délicat et réussi, qui célèbre le bonheur de la lecture.


Mon avis : En effet, Jane Austen est le faire-valoir de ce livre. Ses personnages y sont tour à tour évoqués ainsi que les grands thèmes de ses romans. Oui, mais... J'ai trouvé ce roman fade ! Le titre m'aurait laissé penser que le fantôme de la romancière y serait beaucoup plus présent, que ce "décorticage" aurait été beaucoup plus étayé. A défaut de cela, ce sont les histoires de ces 6 personnes qui prennent bien largement le dessus. Certes, ça se lit bien, c'est moderne (peut-être un peu trop, d'où ma déception...), mais finalement : quel intérêt ? 
Je le déconseille aux grandes admiratrices de Jane Austen qui à mon avis ne s'y retouveront pas.
Cependant, une fois n'est pas coutume, j'avais trouvé le film beaucoup plus subtil, mêlant tendresse et humour et où ce fameux fantôme d'Austen était mieux distillé.

Ma note : 3,5/5