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jeudi 6 juin 2013

Le pingouin, Andreï Kourkov


Ed. Points - 271p.
Mon résumé : Victor, célibataire d'age moyen, Ukrainien, et écrivain "raté", adopte un pingouin au zoo de Kiev qui n'a plus les moyens de s'occuper de ses protégés.
Micha et Victor vont créer une relation d'interdépendance, un mélange entre de l'affection et du besoin l'un de l'autre.
Cette relation va etre, tout au long du roman, ponctuée de divers rebondissements, tous plus ou moins liés à la situation des années 90 en Ukraine, contexte de violence politique.
Victor va se trouver lié malgré lui à toute une machination dont il ne comprend pas grand chose mais à laquelle il est obligé de se plier pour survivre. Il y trouvera meme, un temps, un certain équilibre.

Mon avis : J'ai éprouvé une certaine sympathie pour ce couple singulier Victor-Micha dans lequel transparait beaucoup de tendresse et de compassion.
Les divers évènements qui jalonnent le romans sont très bien orchestrés pour créer un bon rythme.
Il n'y a pas de moment d'ennui ou de longueur malgré les longues périodes d'inactivité auxquelles est parfois confronté Victor.
Pour autant, je n'ai pas ressenti de grande émotion à la lecture de ce roman. La langueur qui y est décrite m'a peut-etre atteinte au point de ne pas me faire vibrer...
C'est un bon roman, bien écrit et assez dépaysant, mais qui ne m'a pas transportée.

Ma note : 3,5/5


dimanche 19 mai 2013

Wisconsin, Mary Relindes Ellis


Ed. 10/18 - 442p.
4è de couverture : La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés. John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morriseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. 
Mais au cœur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

Mon avis : Malgré une ambiance et une atmosphère très pesantes, la tendresse ressort nettement entre tous les personnages.
Dès le début du roman, l'amour de James pour son petit frère (Bill) est flagrant. Evidemment, l'adolescence fait son oeuvre avec son lot de moqueries mais la profondeur des sentiments est bien là.
De la même manière, la mère exprime, parfois avec maladresse, mais toujours avec sincérité, un amour indéfectible pour ses deux enfants, bien que le second n'ait pas été désiré.

En contrepartie de cet amour, la méchanceté du père pour sa femme et envers ses enfants va influencer durablement leur vie à chacun : le départ de James pour la guerre du Vietnam sera une façon pour le jeune homme de prouver à son père son courage. Quant à Bill, il suivra involontairement le chemin de son père en tombant lui aussi dans les affres de l'alcool.

Les voisins Morriseau joueront fort heureusement un rôle salvateur dans le destin de cette famille, à force de patience, de gentillesse et de persuasion.

Au-dekà du rôle joué par le père de famille, c'est aussi la guerre qui est presque considérée comme un personnage à part entière tant elle est présente tout au long du roman. 
De nombreux récits seront livrés par le frère aîné, tout comme par les époux Morriseau, chacun ayant l'expérience de leur propre guerre.

L'auteur a mené ce roman avec une grande maîtrise tant dans le côté fouillé des personnages que dans la relation des évènements.

Les sentiments sont décrits avec une grande sensibilité mais également beaucoup de retenue. Elle a su mêlé parfaitement la tristesse avec l'espoir qui ne s'est jamais vraiment éteint.

Un très beau roman, qui m'a permis en outre de découvrir une partie du Wisconsin profond.

Ma note : 4,5/5

samedi 13 avril 2013

La petite fille qui aimait trop les allumettes, Gaëtan Soucy

Ed. Boréal
179p.
4è de couverture : Nous avons dû prendre l'univers en main mon frère et moi car un matin peu avant l'aube papa rendit l'âme sans crier gare. Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l'écorce, ses décrets si subitement tombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l'étage d'où papa nous commandait tout, la veille encore. Il nous fallait des ordres pour ne pas nous affaisser en morceaux, mon frère et moi, c'était notre mortier. Sans papa nous ne savions rien faire. A peine pouvions-nous par nous-mêmes hésiter, exister, avoir peur, souffrir. Ainsi débute ce récit impossible à raconter, à la fois désopilant et grandiose, plein de surprises et d'enchantements, porté de bout en bout par une langue tout ensemble farfelue et éclatante. Ce qui prouve bien deux choses, si besoin était : à savoir que la littérature est d'abord une fête du langage, et que Gaétan Soucy occupe dans nos lettres une place aussi unique qu'incontestable.
Mon avis : Le style de Gaëtan Soucy, bien qu'assez déroutant de prime abord, est assez exceptionnel.
La maîtrise est parfaite et malgré une expression très surprenante, j'ai très vite embarqué dans la vie de cette "famille" pour le moins bizarre... 

La situation est dramatique, dure et pourrait même être insoutenable.

Cela est sans compter l'innocence du narrateur (ou de la narratrice) qui nous livre ses ressentis et sa vision des évènements de l'intérieur, avec la pureté de son âme.
L'attachement à sa personne est bien réel, au point de ressentir l'envie de la sauver de tous ses démons. Une bien belle découverte.


Ma note : 4/5

samedi 2 juin 2012

L'héritage, Katherine Webb


Ed. Belfond -  579p.
ISBN 2714448194
Mon résumé : L'héritage est avant tout l'histoire d'un secret de famille qui sera dénoué progressivement, page après page. Le livre est fait de chapitres qui alternent  l'histoire de Caroline, une jeune américaine qui va tomber amoureuse d'un fermier de l'Ouest Américain, et celle de Erica et Beth Calcott, les arrières petites filles de Caroline, qui vont tenter de comprendre l'histoire du manoir dont elles viennent d'hériter de leur grand-mère.
De nombreux secrets vont être déterrés et permettre aux jeunes femmes de voir clair dans des évènements qui leur paraissaient si obscurs étant petites.

Mon avis : Mes sentiments durant la lecture de ce livre étaient fort partagés ! Dans un premier temps, j'ai été davantage charmée par les chapitres concernant Caroline. Puis, je me suis vite lassée de ses "jérémiades", de son manque d'assurance, voire même de son manque de force de caractère. 
Les chapitres concernant Erica et Beth Calcott m'ont paru, quant à eux, un peu ennuyeux au début du livre. La situation n'évoluait pas, une sorte d'immobilisme (probablement voulue par l'auteur) mais assez désagréable et donc inintéressante. Et puis, les choses se sont débloquées quand le lien entre les deux parties a commencé à devenir plus clair. 
Je me suis alors laissée embarquer par la persistance et la détermination d'Erica à vouloir découvrir à tout prix les secrets de sa famille, et les parties sombres de son enfance. Le rythme est devenu plus soutenu. L'alternance entre l'ambiance début du siècle de Caroline et l'atmosphère très contemporaine véhiculée par les soeurs Calcott m'a été très agréable et rafraîchissante. 


En résumé, un livre que je conseille, bien que j'en attendais davantage de profondeur. 


Ma note : 4/5

vendredi 16 mars 2012

L'appel de la forêt, Jack London


Ed. Folio Junion - 191p.
ISBN : 207051336X
Mon résumé : Buck, un bon chien de famille, chéri et choyé par son maître, avocat et ses fils, va voir son quotidien et sa vie basculer après un kidnapping. Il va être envoyé vers le Frand Nord Américain où son destin va être de devenir chien de traîneau, lui qui n'a connu que la douceur du soleil et du farniente. Bien qu'il n'ait jamais connu de conditions aussi rudes que celles qu'il va devoir subir, on voit que pour Buck, comme pour tous ses compagnons de route, le naturel revient au galop et leur caractère originel va prendre le dessus afin de faire face aux ennemies aussi divers soient-ils...

Mon avis : Ce livre de Jack London est un livre jeunesse, et à raison puisque l'écriture est simple, sans fioriture. Non pas qu'elle manque de poésie mais elle est très facilement accessible et va droit au but. Et en cela, ce livre est très dur ! Dès les premières pages, lors du kidnapping de Buck et tout au long du roman, on a envie d'hurler. Comment accepter de telles maltraitances, une telle dureté vis à vis de ces chiens. Et pourtant, il n'y a pas que de mauvais bougres dans les humains rencontrés, mais des hommes qui doivent respecter des contrats et qui pour se faire, doivent se faire respecter de leurs chiens, et se faire obéir. Alors les chiens n'ont d'autre choix que de s'adapter, courber l'échine quand il le faut, et montrer leur sauvagerie pour, eux aussi, se faire respecter, notamment entre eux. Chacun a sa place, et Buck trouvera vite sa place en tant que leader.
Une belle histoire, difficile à lire en ce qu'elle transpire de réalisme. 

Ma note : 4/5 

9/52

mardi 6 mars 2012

Extrêmement fort & incroyablement près, Jonathan Safran Foer


Ed. Points - 460p.
ISBN 2757805223
Mon résumé : Nous suivons le petit Oskar, 9 ans, qui se débat intérieurement, et parfois extérieurement  avec le choc qu'il vient de subir : celui du décès tragique de son papa lors des attentats du 11/09/2011. 
Oskar est intelligent, voire surdoué, et tente de comprendre pourquoi son père l'a laissé, comment faire pour continuer à vivre avec cet énorme poids, "les semelles de plomb" comme il les nomme. Afin de mieux comprendre son papa, et peut-être tenter de rester avec lui encore un peu, il va mener une enquête afin de savoir quelle serrure ouvre une clé qu'il a trouvé dans les affaires de son père.
En parallèle, nous suivons la vie de sa grand-mère et de son grand-père, qui ont passé leur vie à se chercher et à s'échapper, entre l'Allemagne et les Etats-Unis. 

Mon avis : Je dirais que ce roman se divise en deux parties : d'une part, les parties concernant le petit Oskar, sa quête de vérité, et surtout son travail de deuil avec lequel il tente de se débrouiller comme il peut, avec son âge, ses émotions, son intelligence etc... ; et d'autre part, l'histoire de ses grands-parents, une histoire d'amour pas comme les autres, très émouvante.


La narration relative à Oskar nous plonge dans un univers d'émotivité. Outre les circonstances dramatiques du décès de son papa, c'est avant tout le débat intérieur, le contrôle des émotions du petit garçon qui sont au centre du roman.  Oskar fait preuve d'une sensibilité exacerbée dont il ne sait que faire. Cette sensibilité est troublante. D'un côté son langage est celui d'un petit garçon de cet âge, très léger, bien qu'employant un vocabulaire bien plus étendu que l'on pourrait s'y attendre. Et d'un autre côté, Oskar flirte avec la dépression, une tristesse infinie et une immense solitude. Oskar trouvera son salut dans la quête de la serrure. Il n'a que peu d'indices et va devoir user d'une grande patience et de beaucoup de volonté pour réussir à résoudre cette énigme, et par la même, trouver la réponse à toutes ses questions.


Quand on passe aux chapitres relatifs aux grands-parents, l'univers change du tout au tout. Les circonstances sont en partie celles de la 2e Guerre Mondiale. La relation amoureuse entretenue par les grands-parents est spéciale, presque invisible et en même temps très profonde. Ils vont passer leur vie à se chercher, à se trouver et à se quitter. Dans ces pages, le langage est plutôt en retenue. J. Safran Foer utilise d'ailleurs en grand nombre la forme épistolaire afin de laisser transparaître au mieux les émotions des protagonistes.


En résumé, une belle lecture, pleine d'émotions aussi fortes que diverses, un peu dérangeante à certains égards mais assez profonde.

Ma note : 3,75/5 

7/52

jeudi 1 mars 2012

La rose pourpre et le lys, Michel Faber


Ed. Points - 535 + 645 p.
ISBN : 2757801570
En préambule, je précise que, bien que ce roman soit édité en 2 tomes (par les éditions Points), je rédigerai une seule et même critique puisque l'histoire ne connaît aucune interruption ni dans l'intrigue, ni dans le style entre ces deux tomes.

Mon résumé : Michel Faber nous invite à suivre le destin de Sugar, une jeune prostituée dans le Londres des années 1870 environ, qui va voir son avenir bouleversé suite à sa rencontre avec William Rackham riche héritier qui va vite succomber à ses charmes si particuliers. Sugar n'est pas la prostituée type, sa beauté est toute relative mais va pourtant happer William Rackham, tandis que sa culture est bien au-delà de la moyenne de ses « collègues », ce qui en fait un atout indéniable.
William Rackham, quant à lui, est mariée à une jeune femme que l'on pourrait qualifier de neurasthénique, et ne trouve aucun plaisir à être à ses côtés bien que l'amour et la tendresse soient toujours présents. C'est ainsi qu'il va vouloir s'attacher les « services » de Sugar dont il va tomber amoureux. Après quelques rencontres dans un lieu de perdition qu'est la maison close où vit Sugar, William va en demander l'exclusivité à sa mère maquerelle et va l'installer dans un appartement proche de son domicile afin de pouvoir l'avoir à sa disposition.
La belle idylle va-t-elle pouvoir perdurer malgré les mœurs si ancrées dans la bonne société bourgeoise Londonienne ? Quels sont les compromis et les sacrifices que chacun va devoir faire ?

Mon avis : 
-> L'histoire : La rose pourpre et le lys est avant tout une histoire d'amour, certes inhabituelle, inattendue, mais réciproque et belle. Les féministes crieraient au scandale : Sugar va devenir en quelque sorte l'esclave de William Rackham pour que celui-ci puisse l'avoir à sa disposition quand bon lui semble. Elle va y perdre sa liberté de mouvement, restera enfermée des heures dans son « palais doré » à attendre son prince charmant, un Cendrillon des temps modernes ? Oui, mais quelle femme n'a jamais rêvé de pouvoir être entretenue si largement (vêtements, appartement luxueux, produits de soin à volonté) tout cela pour quelques heures de luxure dans la semaine, ponctuées de discussions relativement intellectualisées et de lectures enrichissantes ?
Sugar ne semble pas s'en plaindre, elle reproche seulement à son amant de ne pas la visiter plus souvent, ce qui va l'amener à prendre une décision qui va bouleverser complètement leur relation.
En entrant plus intimement dans la vie de William, elle va découvrir toute la face cachée de son monde, ses accès d'humeur, ses relations très complexes avec sa femme, avec son personnel etc...

-> Le style : L'intrigue est bien menée, la trame est logique et malgré le nombre de pages [1180p. dans l'édition Points], l'auteur sait précisément où il veut amener ses héros et son lecteur. Malgré quelques passages crus, la vulgarité n'est jamais de mise.
L'auteur utilise le style si caractéristique de la littérature victorienne puisque l'intrigue se déroule à cette époque-là, ce qui permet de bien s'imprégner de l'ambiance de l'époque. On a un peu la sensation d'être dans le Londres de Dickens, ou de Jack l'éventreur, frémissante d'angoisse, et empreinte de mœurs légères par moments, et de grande bourgeoisie à la Brönté à d'autres moments.
A ce style d'écriture victorien, l'auteur lui attache un côté fort contemporain, avec des interpellations du lecteur, des notes très personnelles qui donnent l'impression de basculer dans le XXIe siècle d'un bond, sensation bizarre mais non désagréable. Cet aspect donne d'ailleurs un tour très original au roman qui m'a permis de vraiment rentrer dans l'histoire très rapidement.

Cela étant, malgré l'intérêt que j'ai pu trouver à ce roman, je lui ai trouvé un certain nombre de longueurs qui m'ont lassée. Les rebondissements tardent à venir et il m'a semblé que de nombreuses coupes auraient été nécessaires afin d'améliorer le rythme du roman et afin de ne pas lasser le lecteur.
De plus, la fin du roman semble avoir été tronquée. L'auteur lance un nouveau rebondissement sans le poursuivre, à nous, lecteurs, de nous imaginer ce qu'ont pu devenir les protagonistes de l'affaire... A moins que l'auteur se soit laissé une porte ouverte pour une éventuelle suite, je ne vois vraiment pas l'intérêt d'une telle fin ! Je me suis sentie un peu lésée, surtout après avoir subi tant de longueurs qui, au bout du compte, n'amène pas à un véritable final... Une vraie déception ! L'auteur s'en justifie d'ailleurs en épilogue en prétextant qu'il faut bien s'arrêter à un moment donné pour laisser vivre ses personnages... soit !*

Points positifs :
  • Le style, très original et habile mixe entre la littérature victorienne et contemporaine.
  • La belle histoire d'amour entre ces deux protagonistes que tout oppose et qui vont tenter de braver le monde à leur manière.
Points négatifs :
  • de très nombreuses longueurs dans le roman, qui donnent l'impression d'attendre en même temps que Sugar mais qui desservent le roman.
  • La fin... inexistante !   

Ma note : 4,25/5 

* Après renseignements, il se trouve que Michel Faber a quand même daigné nous éclairer sur la suite qu'il imaginait dans « Les contes de la rose pourpre », opus de 187 petites pages... écrit pour satisfaire ses fans ?

5 et 6/52

jeudi 9 février 2012

La joueuse de go, Shan Sa

Ed. Gallimard (folio) - 325p.
ISBN 2070424197
Mon résumé : Chant de nuit est une jeune lycéenne Mandchoue, adepte du jeu de go qu'elle a appris de son cousin. Alors que les japonais cherchent à s'emparer de la Mandchourie, la jeune fille continue à disputer de longues et féroces parties de go sur la Place des Mille Vents. C'est là qu'elle rencontrera cet homme, ce japonais dont elle ne connait rien que ses mains qui déplacent les pions sur le tablier de jeu. Elle fera en parallèle la découverte de l'amour, des plaisirs de la chair et du coeur, mêlée aux déconvenues de la politique et de la résistance.

Mon avis : Le texte porte en lui une musique qui en fait presque de la poésie, et qui porte l'histoire tout en douceur. On suit la jeune femme à travers sa recherche d'elle-même, ses découvertes communes à toute adolescente. Ce livre est très universel bien que l'on soit en 1931 en Chine. Il pourrait se dérouler aujourd'hui dans n'importe quel pays. Certes, la guerre est en arrière plan (et va même se retrouver en tout premier plan à la fin du livre) mais ce qui prime, c'est la rébellion des jeunes, la découverte de l'amour, la ténacité de la jeune femme et sa volonté de s'affirmer en tant qu'individu. Elle refuse de subir le même sort que sa soeur et sa mère face aux hommes. Elle veut avoir le pouvoir de décider et de choisir sa vie. Oui, elle a donné son corps mais ça ne signifie pas qu'elle veut donner sa vie ! 
Et il y a le go, et là c'est un tout autre univers qui s'ouvre devant nous. les descriptions des parties donnent l'impression de s'immiscer dans un monde fermé, presque interdit aux non-initiés. Chant de Nuit elle-même est une exception puisque les femmes ne sont d'ordinaire pas autorisées à jouer au go. Malgré la complexité de la chose et l'apparente répétition du jeu, il n'y a aucune longueur. L'auteur a su nous faire pénétrer dans ce monde par la petite porte, comme une curiosité à laquelle on peut s'ouvrir.
Un seul regret à ce livre : l'histoire d'amour vantée en 4e de couverture, et en quelque sorte objet du roman, m'a parue très insipide et trop peu exploitée.



Ma note : 4/5 

4/52

La fille tombée du ciel, Heidi Durrow

Ed. Anne Carrière - 273p.
ISBN 2843376149
4e de couverture : A onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un père GI noir américain, voit sa vie basculer : un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille. Recueillie par sa grand-mère paternelle, une femme aussi aimante qu'intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d'être métisse dans une société qui donne trop d'importance à la couleur de peau. Des voix se mêlent à son récit pour dévoiler la véritable nature de la tragédie qui s'est déroulée, un triste jour d'été, sur un toit de Chicago. La plus vibrante d'entre elles est celle de Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer Rachel des ombres de son passé. Heidi W. Durrow signe ici l'histoire d'un être trop doué et trop démuni à la fois. Dans ce roman d'apprentissage moderne et poétique, elle décrit l'envol d'un personnage inoubliable.

Mon avis : On est véritablement là en présence d'un roman d'apprentissage puisque nous allons suivre Rachel dans sa quête de vérité, la vérité sur son histoire, mais aussi et surtout sur elle-même, qui est-elle ?
Rachel est sans cesse dans l'ambivalence de sentiments, que ce soit envers sa grand-mère (qu'elle aime malgré le conflit générationnel), envers sa tante (qu'elle admire), et envers ses amis. Elle cherche à se prouver certaines choses tout en essayant de comprendre d'où elle vient. Au final, ce livre parle d'une adolescente qui, malgré des circonstances très dures et émouvantes, reste une adolescente normale. 
L'émotion transparaît beaucoup plus par Brick, qui lui, connaît la vérité de l'histoire de Rachel et de sa famille et qui va tenter de la lui transmettre, en réponse à une promesse faite des années auparavant.
Ce livre est beau d'une beauté simple. Les mots sont simples, mais toujours bien choisis. L'émotion est présente mais pas pesante ni déplacée, et la tendresse prend le dessus sur tous les démons qui planent.
Un beau moment.



Ma note : 4/5 


jeudi 2 février 2012

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

Ed. J'ai lu - 150p.
ISBN 2290350389
Mon résumé : Ce livre commence comme un récit, une sorte de biographie. Le narrateur a perdu sa mère suite à une maladie à l'âge de 30 ans et nous relate le gouffre dans lequel cet événement le plonge, comment combler le vide, comment faire face aux ombres qui envahissent les lieux, comment faire semblant ? 
Puis, doucement, on retrouve la "douce folie" de Mathias Malzieu : un géant vient lui proposer une ombre protectrice qui viendra contrer ces méchantes ombres qui ont envahi son quotidien. Ce géant vient régulièrement lui rendre visite afin de lui apprendre à continuer, à faire face et à apprendre à vivre avec cette tristesse infinie dans la tête et dans le coeur. 

Mon avis : Les premiers chapitres de ce court récit sont tout simplement plombants ! La situation est noire tout comme la couverture d'ailleurs. Je me suis sentie très mal à l'aise, oppressée par ces premiers chapitres. 
Fort heureusement, le géant intervient assez vite et apporte une petite dose de bonne humeur, de tendresse voire d'humour à toutes ces mauvaises ondes. Certaines situations sont comiques dans la tristesse, d'autres même loufoques mais jamais Malzieu ne se départit de sa symbolique ''douce folie" que j'avais tant apprécié dans La mécanique du coeur.
Au final, un beau roman, certes très dur, mais très bien écrit et dont on ressort grandi...

Ma note : 4/5 

3/52

vendredi 13 janvier 2012

Red Room Lounge, Megan Abbott


Ed. Le Masque - 260p.
ISBN : 2702434584
Mon résumé : Lora et Bill, frère et soeur, vivent ensemble une vie tranquille dans la banlieue de Los Angeles. Lora est une jeune enseignante célibataire alors que Bill travaille au sein de la Police. 
Bill fait la connaissance impromptue de la jeune Alice et l'épouse peu de temps après. 
Alice s'efforcera alors de devenir l'épouse parfaite, tenant parfaitement son intérieur, prenant soin de son nouveau mari, et cherchant à acquérir l'amour de Lora, sa belle-soeur. Celle-ci n'aura de cesse de se méfier de la jeune femme, trouvant ses comportements pour le moins douteux... Paranoïa ou flair ?
La circonspection de Lora à l'égard d'Alice est menée de manière très progressive. Lora s'aperçoit à mesure des événements que sa belle-soeur ne semble pas jouer parfaitement franc jeu avec elle, et probablement avec son mari. Elle va donc s'inventer détective (filature, interrogatoires etc...) afin de découvrir ce qui se trame dans le seul but de protéger son frère chéri : jalousie ? 

Mon avis : Le thème du roman est bien exploité. On se situe entre le roman dramatique et le thriller psychologique. Megan Abbott sait tenir ses personnages sur le fil et joue très bien avec cette notion de paranoïa. On ne sait jamais bien si tout est histoire d'imagination ou vrai état psychotique. 
L'enquête devient au fil du roman de plus en plus noire, angoissante pour une issue pour le moins... efficace !
Malgré cela, ce roman m'a plutôt ennuyée. J'ai trouvé que les personnages n'étaient pas assez approfondis, notamment leur caractère, ce qui est ne permet pas de bien saisir les raisons des choix faits par chacun. Peut-être est-ce voulu par l'auteur pour ne pas tout dévoiler trop vite mais cela a gâché ma lecture. J'ai lu cette histoire un peu de loin, sans vraiment m'y plonger. L'intrigue est bonne mais ne m'a pas fait palpiter.
Quant au style, il est agréable mais ne m'a pas non plus transporté. 


Une petite déception que cette lecture...

Ma note : 3,75/5 

Merci à Newsbook et aux Editions Le Masque pour ce partenariat.


1/52

mardi 3 janvier 2012

L'arrache coeur, Boris Vian


Le livre de poche - 256p.
ISBN : 068655681X
Mon résumé : Jacquemort, psychiatre de son état, arrive dans un village reculé afin d'y étudier la population. Une population pour le moins étrange où les habitants se débarrassent de leur honte de façon... radicale où l'excessivité des réactions ne semblent pas choquer... Une satire de notre monde tourné en ridicule ? 

Mon avis : On retrouve dans ce roman toute l'excentricité, la verve de la plume de Boris Vian. La description de ce village, de ses habitants et de leurs coutumes, au-delà d'être drôle, nous décrit par la même occasion notre monde, nos coutumes... Nous ! 
Bien entendu, tout est poussé à l'extrême comme sait si bien le faire Boris Vian mais avec un tel réalisme que l'on s'y croirait. Son humour n'est jamais lourd, parfois grinçant mais toujours mesuré.


Une belle plume, qu'il faut aimer mais qui mérite d'être découverte au moins une fois.
Cependant, je conseillerais davantage en première lecture l'Ecume des jours, dont j'ai préféré le côté poétique.


Ma note : 4/5 

jeudi 8 décembre 2011

La septième vague, Daniel Glattauer


Mon résumé : Daniel Glattauer nous livre la suite des échanges épistolaires (dit-on comme cela lorsqu'il s'agit de mails?) de Leo et Emmi.
Fin du premier épisode : Leo est parti à Boston pour s'éloigner d'Emmi, leur histoire s'enlisant dans une voie « sans issue ». Leo est donc de retour de son éloignement Bostonien et reprend son échange avec Emmi. Se rencontreront-ils enfin ? Que deviendra leur relation ? L'amour l'emportera-t-il ?  


Mon avis : Je parle d'épisodes dans mon résumé puisqu'on est bien face à une série à l'instar de nos chères séries tv.
La forme reste exactement la même que celle utilisée dans le premier livre, les échanges sont croustillants, avec de bons mots, des sentiments à bonne dose.
L'histoire est un peu plus fournie que dans le premier tome, et m'a moins donné l'impression de tourner en rond et m'a moins lassé.
On rit, on s'énerve, on s'attendrit... une lecture fort agréable.
Pour les personnes qui n'ont pas aimé le premier tome, passez votre chemin. Le second tome ne vous réconciliera pas avec l'auteur.
Pour les personnes qui, comme moi, ont apprécié agréablement le 1er tome sans en éprouver un coup de cœur, laissez-vous tenter si vous en avez l'occasion. Ca se lit très vite et fait passer un bon moment.
Et pour celles qui ont adoré, foncez !  

Ma note : 3.75/5

samedi 26 novembre 2011

Psychose, Robert Bloch


Mon résumé : Mary, employée dans une agence immobilière est chargée de déposer à la banque une coquette somme de 40000$. Elle est amoureuse mais ne peut aller vivre son amour au grand jour en raison des problèmes financiers de son amoureux. Elle fait alors le choix un peu fou de prendre la fuite pour aller retrouver son amoureux...
Norman est propriétaire avec sa mère d'un motel dans les environs d'une petite ville des Etats-Unis. Les lieux sont tranquilles, ils reçoivent quelques clients de passage... le quotidien de ce motel va se trouver fort bousculé...


Mon avis : Je précise dans un premier temps que je n'ai jamais vu le film d'Hitchcock et suis donc entrée dans l'histoire vierge de toute connaissance ou de tout préjugé... 
On entre d'ailleurs très facilement dans ce qui peut s'apparenter à une sorte de huis-clos. Dès le départ, l'ambiance est assez glaciale et l'on s'attend à chaque instant à un retournement de situation. En ce sens, j'ai été quelque peu déçue puisque je pensais que les rebondissements seraient plus spectaculaires qu'ils ne l'ont été, en tout cas dans la première moitié du livre.
Il s'agit véritablement d'un thriller psychologique et le dénouement de l'histoire ne nous apparaît clairement qu'en toute fin de roman, ce qui en fait un très bon livre. En effet, que dire d'un roman où l'issue est trop vite prévisible ? Ce n'est pas du tout le cas ici ! 
L'écriture est fluide, agréable, les chapitres courts et les personnages ont chacun une personnalité bien développée qui nous permet de les identifier.
En résumé, une bonne lecture

Ma note : 4.25/5

La trilogie des jumeaux, Agota Kristof


4e de couverture : 
-> Le grand cahier (tome 1) : Dans la Grande Ville qu’occupent les Armées étrangères, la disette menace. Une mère conduit donc ses enfants à la campagne, chez leur grand-mère. Analphabète, avare, méchante et même meurtrière, celle-ci mène la vie dure aux jumeaux. Loin de se laisser abattre, ceux-ci apprennent seuls les lois de la vie, de l’écriture et de la cruauté. Abandonnés à eux-mêmes, dénués du moindre sens moral, ils s’appliquent à dresser, chaque jour, dans un grand cahier, le bilan de leurs progrès et la liste de leurs forfaits.
Le Grand Cahier nous livre une fable incisive sur les malheurs de la guerre et du totalitarisme, mais aussi un véritable roman d’apprentissage dominé par l’humour noir.
-> La preuve (tome 2) : Avec Le Grand Cahier nous étions dans un pays en guerre où deux enfants, des jumeaux, apprenaient à survivre en usant toutes les ressources du mal et de la cruauté. Puis les jumeaux se séparaient, l’un d’eux franchissant la frontière, laissant l’autre en son pays pacifié mais dominé par son régime autoritaire. Seul, désormais privé d’une partie de lui-même, Lucas, celui resté, semble vouloir se consacrer au bien. Il recueille Yasmine et adopte son fils Mathias, porte sa pitance au curé du village, tente de consoler Clara dont le mari fut pendu pour ‘‘trahison’’, écoute avec attention la confession de Victor, le libraire qui rêve d’écrire un livre ... Et si c’était pire ? Le propre d’un système totalitaire n’est-il pas de pervertir à la base tout élan de générosité ? Ce que découvrira Claus, le jumeau exilé de retour sur les lieux de ses premiers forfaits, sera plus terrible encore : qu’il n’y a pas de générosité sans crime, et qu’on est toujours deux, même quand on est seul.Au-delà de la fable, l’auteur pousuit ici son exploration impitoyable d’une mémoire si longtemps divisée, à l’image de l’Europe, et nous livre une belle méditation désespérée sur la littérature.
-> Le troisième mensonge (tome 3) : - On m’appelle Claus T. Est-ce mon nom ? Dès l’enfance, j’ai appris à mentir. Dans ce centre de rééducation où je me remettais lentement d’une étrange maladie, on me mentait déjà. J’ai menti encore quand j’ai franchi la frontière de mon pays natal. Puis j’ai menti dans mes livres. Bien des années plus tard, je franchis la frontière dans l’autre sens. Je veux retrouver mon frère, un frère qui n’existe peut-être pas. Mentirai-je une dernière fois ? - Je m’appelle Klaus T. Mais personne ne me connaît sous ce nom-là. Depuis que mon frère jumeau a disparu, il y a cinquante ans de cela, ma vie n’a plus beaucoup de sens. J’ai longtemps attendu son retour. S’il revenait aujourd’hui, je serai pourtant obligé de lui mentir.
Après les horreurs de la guerre et les années noires d’un régime de plomb (La Preuve), le temps serait-il venu d’ouvrir les yeux sur la vérité ? Mais la vérité ne serait alors qu’un mensonge de plus car ‘‘un livre, si triste soit-il, ne peut être aussi triste que la vie’’. 

Mon avis : Les 3 tomes de cette trilogie sont assez inégaux dans les émotions qu'ils procurent.
J'ai ressenti un vrai coup de coeur pour le 1er tome où l'on suit les deux frères à leur arrivée chez la grand-mère, la création de leur cahier qui leur sert d'échappatoire, leur étonnante force de caractère qui leur permet de faire face aux pires situations et même de s'en accomoder, leur survie ensemble et contre tous.
Le style est particulièrement épuré. Seuls les faits sont transcrits. L'émotion nous provient justement de cette absence d'émotion qui permet toutes les interprétations en fonction de sa sensibilité et de son imaginaire.
Le 2ème tome est selon moi beaucoup plus glauque, ce qui a quasiment entraîné un abandon. J'ai dû poser le livre un certain temps avant de le reprendre plusieurs jours plus tard, poussée par la curiosité et la peur de passer à côté d'un autre coup de coeur.
Ce coup de coeur n'est pas venu.
L'atmosphère de ce 2e tome est assez plombé. L'un des deux frères, Claus, a traversé la frontière, laissant l'autre dans ce quotidien fait de misère et de solitude. La guerre est omniprésente dans l'ensemble de l'oeuvre mais un peu comme un personnage secondaire : on sait qu'elle est là, elle fait partie du décor, mais ne semble pas être déterminante dans le cours de l'histoire.
Lucas apprend à vivre seul, il se lie avec une femme, avec le prêtre etc...
Le 3ème tome est celui de tous les dénouements : où est passé ce frère qui a traversé la frontière ? Les deux frères vont-ils pouvoir se retrouver ? De quoi sera fait leur quotidien ?
Ce final est assez surprenant et c'est cela qui montre le grand talent d'Agota Kristof : avoir su mener son histoire, mot après mot, sans que le lecteur puisse se douter un instant de la réalité des choses.

Ma note : 3.75/5

mardi 1 novembre 2011

Freedom, Jonathan Franzen


4e de couverture : Patty a décidé une fois pour toutes d’être la femme idéale. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse ayant un faible pour les bad boys a fait, en l’épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). A eux deux, ils forment le couple « bobo » par excellence. En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à bien des choses, et d’abord à son amour de jeunesse, Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l’histoire de ce trio, et capture le climat émotionnel, politique et moral des Etats-Unis de ces 30 dernières années, dans une tragi-comédie d’une incroyable virtuosité. Comment vivre ? Comment s’orienter dans une époque qui semble devenue folle ? Jonathan Franzen relève le défi et tente de répondre à cette question, avec cette histoire d’un mariage d’une implacable cruauté. Freedom a bénéficié dès sa sortie d’une rumeur très favorable, et même avant, lorsque le magazine TIME daté du 23 août a consacré sa couverture à Jonathan Franzen (cela faisait tout juste 10 ans qu’un écrivain avait connu une telle visibilité). La presse a tout de suite embrayé, avec des comptes-rendus enthousiastes, notamment Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times. Et Oprah Winfrey a (finalement!) invité l’auteur à son show, qui est l’émission la plus regardée aux U.S.A.
 
Mon résumé : Franzen nous emmène au travers de l'épopée d'une famille américaine dans tout ce qu'elle a de complexe, de torturée. On y suit les relations qui se tissent et se détissent dans trois voire quatre générations en fonction des choix de vie, des choix politiques, des différences de points de vue etc...
Mais Freedom, c'est aussi une traversée de la politique américaine en toute ironie ou comment marier la défense de l'environnement aux compagnies houllières et à la guerre en Irak.

Mon avis : Franzen nous livre avec force détails la vie de Patty Berglund et de son mari Walter, son ami Richard Katz, leurs enfants, les parents et grands-parents. Chaque personnage semble avoir une importance toute particulière puisque leurs choix respectifs vont déterminer le chemin des autres.
La composition de cette famille mais aussi du livre de Franzen me fait penser à une sorte de labyrinthe dans lequel il est malaisé de s'y retrouver et de suivre le chemin de pensée de l'auteur.
Le livre m'a paru manquer quelque peu de structure, ce qui m'a empêché de m'attacher aux personnages.
Cependant, Franzen semble savoir précisèment où il veut amener chacun de ses personnages, leurs choix, leurs relations etc...
En parallèle de cette épopée familiale, c'est toute la politique américaine qui est mise à l'honneur.
A ce niveau, on ressent l'engagement de Franzen à travers les choix de ses personnages pour la défense de l'environnement. Pour autant, ce thème n'est pas traité avec facilité mais avec la complexité qui lui confère tout son réalisme.
Il m'est très difficile de procéder à une critique exhaustive de ce roman tant les sujets traités le sont avec brio et tant les sentiments de chacun des personnages sont fouillés à l'extrême.
En définitif, un très beau roman, abouti, mais qui ne m'a pas transportée malgré les divers intérêts qu'il représente.

Ma note : 3.75/5

PS : Merci à Priceminister et à Rémi Gonseau de m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2011.





mardi 25 octobre 2011

Michael Tolliver est vivant (t.7), Armistead Maupin


Mon résumé : Cet épisode, comme le titre l'indique, est davantage centré sur la vie de Michael que sur les autres personnages, bien que ceux-ci soient encore présents.
Plusieurs années ont passé, Michael a maintenant une cinquantaine d'années, un nouveau partenaire qui a succédé au départ de Thack, et un combat contre la maladie qui perdure. On retrouve un Michael en assez bonne forme, qui est aux prises avec la vieillesse : celle de Mme Madrigal, celle de sa mère, mais aussi celle de Shawna et de ses « expériences » de jeune adulte, et bien sûr la sienne, et un certain bilan de son existence.

Mon avis : Contrairement à l'épisode précédent, peu d'événements viennent ponctuer cet épisode. L'auteur a davantage centré son écriture sur les sentiments variés et parfois contradictoires qui s'insinuent en Michael lorsqu'il va retrouver sa mère à son chevet et au crépuscule de sa vie, moment aussi de retrouvailles avec son frère, avec sa ville. L'état de santé de Mme Madrigal va également marquer le retour de Mary-Ann, avec des retrouvailles assez douloureuses. Seule Shawna va amener un peu de vie dans cet opus avec une once de provocation si commune dans l'oeuvre d'Armistead Maupin.

Ma note : 3.5/5

Bye-bye Barbary Lane (t.6), Armistead Maupin


Mon résumé : On retrouve dans ce 6ème épisode des Chroniques de San Francisco l'ensemble des protagonistes que l'on a pu suivre depuis le début de la saga.
Mary-Ann est mariée à Brian, ancien locataire de Barbary Lane, et ils élèvent ensemble Shawna, leur fille adoptive.
Michael est installé avec Thack et tente de vivre avec l'épée de Damoclès que constitue la séroposivité.
Mme Madrigal, la logeuse, continue à se dévouer à de nouveaux locataires, tout en conservant des relations privilégiées avec les anciens.
Cet épisode est plus particulièrement centré sur la carrière professionnelle de Mary-Ann et sur ce que cette carrière va impliquer sur sa vie et sur celle de Brian, Shawna, Mickael etc...

Mon avis : (Il s'agit là de ma 2de lecture de ce tome, dans le but de me rafraîchir la mémoire avant la découverte du tome 7). Cet épisode est assez riche en rebondissements. J'ai retrouvé avec plaisir les différents personnages, leur humour, leur sensibilité.
Cependant, contrairement aux précédents, l'auteur oriente davantage ses sentiments et on lui découvre un certain ressentiment vis à vis des choix faits par Mary-Ann au sujet de sa vie privée et professionnelle.
La tendresse est davantage orientée sur le personnage de Michael, et cela assez indépendamment de sa maladie (laquelle est bien entendu largement présente malgré tout). Michael semble être celui qui garde le plus les pieds sur terre, et qui sert à souder l'ensemble de ces personnages entre eux. Il fait le lien entre Brian (son associé et ami) et Mary-Ann (sa meilleure amie), Shawna et ses parents, Thack et Mary-Ann. Il est véritablement le pilier central de l'histoire.
Le style de l'auteur est fidèle aux précédents épisodes, ce qui permet de faire défiler les pages sans vraiment s'en rendre compte, comme quand on passe des heures avec des amis sans voir l'heure passer...;)
Une lecture que je qualifierai d'agréable, qui est dans la trame de certaines séries que l'on adore retrouver hebdomadairement.

Ma note : 4/5

mardi 20 septembre 2011

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert

ISBN : 2253126306

Mon résumé : Elizabeth Gilbert nous livre son premier roman, autobiographique : Elizabeth 'Liz' Gilbert nous relate ses déboires amoureux, la recherche de son moi profond, de son équilibre. Cette quête va passer par une année sabbatique qu'elle va partager entre l'Italie, l'Inde et Bali. Au-delà de simples voyages touristiques, ces périples seront surtout l'occasion de se découvrir face à elle-même, apprendre le plaisir en Italie, qui passera notamment par la nourriture ; apprendre la méditation dans un ashram* en Inde, avec des heures passées à ne se concentrer que sur elle-même et aller à la recherche de son Dieu ; et une recherche de sérénité à Bali où elle va tenter de se réconcilier avec elle-même et trouver son équilibre corporel, sentimental, méditatif etc... Je parle bien de SON Dieu car, dès le début du roman, Elizabeth Gilbert précise que, bien qu'issue d'une famille traditionnellement catholique, la foi n'a jamais fait partie de sa vie et que sa quête est profondément intérieure et non religieuse au sens classique du terme. On verra d'ailleurs qu'elle pratique essentiellement la méditation chez elle et que les rituels ne favorisent pas nécessairement l'état de transcendance tant attendu.


Mon avis : Ce roman m'a paru assez difficile à cerner : il se situe tantôt entre le roman autobiographique comme il se revendique, tantôt dans de la pure Chick-Lit. En refermant le livre, je pense néanmoins que cette ambiguïté est certainement voulue par l'auteur elle-même afin de rendre son écriture accessible à tous...

Cela étant, les premières pages ne m'ont pas vraiment emballée puisque à l'instar de sa quête d'équilibre, Liz Gilbert est profondément centrée sur elle-même et ne cherche pas à attirer le lecteur vers elle.
Cette sensation s'améliore au fil des chapitres dans lesquels on suit l'évolution de la jeune femme à travers les pays, mais surtout à travers ses émotions, grâce, en particulier, à ses rencontres.
J'ai depuis longtemps une passion pour l'Italie, et la Dolce Vita est très bien retranscrite dans les mots de Mlle Gilbert. Elle nous permet de la suivre dans son périple, ce qui est fort agréable. La période de l'ashram* m'a moins embarquée. Cela ne réside en rien dans la qualité de l'écriture qui reste fidèle à la première partie, mais plutôt dans mon insensibilité pour tout ce côté méditatif et divin. Je me suis par contre laissée porter par l'épisode "Bali" où la douceur de vivre rassemble l'Italie et l'Inde dans des proportions totalement équilibrées et fascinantes.
Au final, bien que n'ayant parcouru ce périple qu'à travers ses mots, je peux dire que Liz Gilbert a passablement bien réussi son pari puisque j'en ressors avec un regain de sérénité, de douceur d'âme, voire même de force qui sont autant d'éléments toujours bons à prendre pour se ressourcer. Nul doute qu'une telle parenthèse dans sa vie doit permettre de bousculer le quotidien ! 

Ma note : 3,75/5
(Je précise qu'après les premières pages, ma note se limitait à 2/5, et qu'elle a augmenté au fur à et à mesure de ma lecture, donc si vous vous laissez tenter, n'hésitez pas à persévérer, c'est une lecture bien agréable).


* Entrée dans le dictionnaire

vendredi 16 septembre 2011

Pastorale Américaine, Philip Roth


ISBN :
978-2070417360
Mon résumé : Zuckerman, écrivain aujourd'hui mais ancien lycéen, retrouve après de nombreuses années celui qu'il a toujours considéré comme son idole, Seymour Levov dit "Le Suédois". Le Suédois était une sorte d'emblème durant ses années lycée, un personnage symbolisé en quelque sorte par la "Force tranquille", fascinant, mystérieux, déroutant...
Le début du roman est écrit sous la plume et surtout à travers le regard et les souvenirs de Zuckerman puis progressivement, c'est Levov lui-même qui va s'accaparer la plume et se raconter : sa rencontre avec Dawn, une catholique irlandaise, sa vie dans la société de son père spécialisée dans la fabrication de gants en cuir, ses relations avec ce père un rien "castrateur", avec un frère rebelle et surtout sa fille : Merry qui va basculer dans l'extrêmisme et le terrorisme. Pourquoi, Comment ? C'est ce que Seymour va tenter de comprendre tout au long de ces pages.

Mon avis : J'ai véritablement eu la sensation de lire deux romans différents dans ce livre. Bien que la transition entre les deux narrateurs se fasse tout en douceur, la partie "Zuckerman" et la partie "Levov" ne font pas appel à la même profondeur, au même registre.
La première partie semble centrée sur les souvenirs d'un homme qui a mené une vie plutôt tranquille, qui a gardé son âme d'adolescent et qui s'exprime avec des étoiles dans les yeux.
J'ai cependant trouvé cette partie assez ennuyeuse, notamment en ce qu'elle manque de profondeur tant dans le style que dans le fond de l'histoire.
On retrouve cette grande profondeur de sentiments dès que Levov s'empare des mots : on ressent la grande détresse d'un père, son incompréhension du monde et des personnes qui l'entourent, en particulier sa fille qu'il aimerait retrouver mais qu'il ne reconnait plus.
L'oppression qui enserre son coeur transparaît dans le style de l'auteur, à tel point qu'on aimerait pouvoir l'aider à reprendre sa vie en main et à retrouver une certaine sérénité.
L'histoire de ce père détruit est inscrit dans l'Histoire de l'Amérique avec une évolution flagrante du contexte social, avec la guerre de Vietnam partie prenante du roman, éléments qui sont très bien distillés dans le roman.
En ce sens, j'y ai retrouvé les mêmes sensations que j'avais eues à ma première lecture de Jonathan Coe dans "Bienvenue au Club", qui m'avait quelque peu déroutée mais pour lequel un attachement est né !
En sera-t-il de même pour Philip Roth ?
Suite au prochain épisode...


Ma note : 4.25/5